Julien Venturini et Le camping

 

ventu

Le Camping a pris place au cœur du Palais Brongniart sur 280 m2 accueille 12 starts up centrées sur des projets web et logiciels pour un programme intensif de 6 mois structuré en trois temps : la phase d’accélération , la rencontre avec des investisseurs et la phase de croissance.

 

Pouvez-vous nous raconter vos parcours universitaires et professionnels ?

J’ai débuté en science dure avec un doctorat en physique puis plus tard un EMBA, une double formation utile en France où les silos sont légions et où certaines portes ne s’ouvrent que lorsqu’on vient d’une formation ou d’un secteur particulier.

 

Après une carrière de chercheur j’ai rapidement vendu de la technologie. J’ai ensuite co-fondé Excico en 2007 une startup rapidement devenu internationale et qui permet de mieux fabriquer les puces micro-électroniques de nos smartphones. Au pic de son succès j’ai décidé en 2012 d’aider les entrepreneurs et PME ou Groupes technologique dans leur développement, y compris dans leur levées de fonds au travers de ma structure de conseil.

 

 Pouvez-vous nous en dire plus sur Le camping ?

LeCamping

Le Camping est l’accélérateur de Silicon Sentier ; C’est le pionnier de ce modèle d’incubation en France. Après seulement trois ans d’existence, le modèle a semble-t-il fait ses preuves tant dans le mode de recrutement que dans le mode d’accompagnement. Les performances des startups (durée de vie, croissance, levée de fonds et acquisition tel Mesagraph par Twitter ou Kawet par Insert) qui en sortent sont plutôt très bonnes par rapport aux moyennes nationales voire mondiales.

 

 En tant mentor du camping quels sont vos conseils pour les jeunes entrepreneurs ?

 

Se lancer dans l’aventure….à partir du moment où ils ont une vision de leur projet relativement claire, une team alignée sur cette vision et qui soit capable d’exécuter vite et bien.

 

Un entrepreneur qui veut augmenter ses chances de réussite doit aussi apprendre à avoir de très  grandes oreilles : je ne répète jamais assez aux entrepreneurs que je rencontre de bien écouter leurs marchés, (y compris les marchés qui n’existent pas encore, par les utilisateurs) , leurs pairs et aussi ceux qui ont réussi ou échoué avant eux, tout en mai .ntenant leur cap et garder en tête la mission qu’ils se sont fixée. En effet, le mentorat  n’est pas le professorat, nous partageons avec eux des paraboles et des expériences, et non un dogme. Cela doit leur servir de repère dont ils peuvent se nourrir tout en évitant de dupliquer un projet qui n’est pas le leur.

 

Pour les projets les plus « disrupteurs », les repères n’existent pas encore. Dans ce cas de figure qui peux augurer on l’espère d’un futur succès fulgurant à la Twitter, les utilisateurs sont les seuls juges de paix. Le mentor encourage et prévient, comme un co-pilote, des nids de poules que le bolide en marche n’a pas le temps d’apprécier…

 

Il faut aussi à un moment donné se mettre à la tâche et bien exécuter pour pouvoir acquérir ses premiers clients. Je pense que c’est un juste équilibre entre ces 2 postures : L’écoute et la bonne exécution.

 

 Quelles sont pour vous les clés de réussites en entrepreneuriat?

 

Chaque cas est différent et les clés pour un projet donné ne fonctionneront pas forcément pour un autre.

 

Par contre je pense qu’il y a une posture et des méthodologies ‘haut niveau’ qui peuvent s’appliquer: Est-ce que je résout un problème ? sinon, suis-je en train de créer un marché ? est-ce que je comprends bien ce marché, le produit ? suis-je fait pour l’entreprenariat ? Suis-je avec les bons associés pour bien exécuter ??

 

Je suis aussi un défenseur de l’approche lean, que je compare beaucoup à une certaine humilité des cultures asiatiques dans lesquelles j’ai beaucoup travaillé (Le lean manufacturing a été d’ailleurs inventé chez Toyota) : Faire, tester, apprendre, améliorer, tester, apprendre, etc…Le ‘lean startup’ est une école qui convient relativement bien à une entreprise en devenir : Les produits sont aujourd’hui dans la main des utilisateurs, et leur succès ressort de cette démarche ‘user centric’.

 

 Que pensez-vous de l’entrepreneuriat après les études ?

 

Aujourd’hui les formations diplômantes techniques et commerciales proposent de plus en plus de modules de qualité sur l’entreprenariat. Toute les écoles veulent leur incubateurs voire leurs accélérateurs de startups. Les entrepreneurs que j’ai pu accompagner et qui sont passé par les filtres du jury du Camping sont parfois fraichement diplômé et sont déjà très agiles et au point des pratiques de leurs ainés. ils n’ont bien sûr pas encore croisé le fer avec les réalités et les contingences d’une entreprise qui doit encore tout faire, mais c’est aussi là que les dispositifs d’accompagnement (incubateurs et accélérateurs) peuvent aider les jeunes diplômés.

 

Par ailleurs je pense que l’environnement est de plus en plus favorable pour valoriser une expérience d’entrepreneur dans le cas d’une reconversion, même en cas d’échec du projet entrepreneurial.

 

Les initiatives comme Ecole42 sont aussi très bonnes et les universités pourraient aussi inclure et transmettre ce bagage et faire que la culture entrepreneuriale ne soit pas uniquement offertes aux élites sortis des classes préparatoires.

 

 Un dernier mot pour tous les jeunes qui souhaitent entreprendre?

 

Se reposer la question : pourquoi est-ce que je veux entreprendre ? quels sont les enjeux et puis-je les maitriser ?

 

Une fois validé, il faut profiter de le dynamique actuelle pour confronter son projet aux nombreux acteurs qui sont là pour écouter et aider.

 

Le timing est bon et ce qui pourrait apparaitre comme une « surchauffe » apparente de l’écosystème est plutôt une bonne chose, car le substrat résultant est plus solide pour les entrepreneurs qu’il ne l’était l y a 10 ans. Par le passé, les bons projets pouvaient mourir assez rapidement et s’assécher par manque d’entrainement, d’un terreau pauvre et de manque de financement ;  aujourd’hui ils n’ont (presque) plus d’excuses ! Un projet peut naitre et se développer jusqu’au MVP assez rapidement grâce à de nombreux outils gratuits et une communauté très active où les échanges sont nombreux et riches. Le financement est aussi facilité grâce aux nombreux dispositifs d’aide (notamment de BPI France) mais aussi grâce à un maillage plus serré et plus performant des investisseurs.

 

 

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